Zoom sur: Rachmaninov, Maître des Concertos

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   Article du 4 février 2015 par Mathieu Dellon

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Sergei Rachmaninov (1873 - 1943)
A. Volodos (piano) | R. Chailly (direction)
Royal Concertgebouw Orchestra (London)

En ce jour un peu spécial (mon anniversaire), j'ai voulu présenter ce qui est peut-être mon oeuvre préférée, du moins, celle qui a eu le plus d'impact sur ma passion et ma carrière.

Voici donc un article détaillé dédié à Rachmaninov et son magnifique concerto op.18 :

Zoom sur : Rachmaninov, Maître des Concertos.

PS: la version de Volodos n'étant pas disponible ni sur Amazon, ni sur iTunes, je vous propose la version réellement originale interprétée par Rachmaninov en personne

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Zoom sur Sergei Rachmaninov
Sergei Rachmaninov
I. Introduction – Jeune Sergei

Bien que né dans un milieu bourgeois et issu d’une famille puissante, Rachmaninov connut une enfance et une jeunesse difficiles. Né le 1er avril 1873 à Semionov (Russie), sa mère fut la première à le pousser vers la musique. Rachmaninov montra rapidement un potentiel unique et en 1880, il entra au conservatoire de St. Petersbourg.

Malheureusement, en plus de difficultés financières dans sa famille, son frère, Vladimir, sa soeur, Sofia, et lui furent tous trois frappés par une épidémie de diphtérie. La mort de Sofia fut un choc traumatisant pour Sergei qui vint s’ajouter à la séparation de ses parents peu de temps après le drame.

Sa mère, convaincue du talent de son fils, suivit les conseils de Alexander Ziloti, ancien élève de Franz Liszt, pianiste, compositeur et cousin de Sergei. C’est ainsi qu’en 1885, il étudia au conservatoire de Moscou aux côtés de Ziloti et guidé par l’enseignement strict de Nikolai Zverev. Il obtint la plus haute et rare distinction du conservatoire (attribuée seulement deux fois) après quoi, il commença à s’épanouir réellement dans la composition, se détachant petit à petit des influences du style de Tchaikovsky. Son premier grand succès et premier concerto pour piano, composé à l’âge de 17 ans seulement en est la preuve.

Jeune Rachamninov
II. Déclin

En 1895, Rachamninov composa sa toute première symphonie (op.13 en Ré mineur). Elle fut l’élément déclencheur des années de drame qui suivirent. Rachmaninov éprouvait lui-même de grandes difficultés à écrire cette oeuvre, et les avis autour de lui étaient mitigés. Nous retiendrons notamment une remarque de Rimsky-Korsakov, venu assister à une répétition de la symphonie: « Sans vouloir vous offenser, je trouve que cette musique n’est vraiment pas très plaisante ».

La première représentation en 1897, dirigée par Glazunov, compositeur très respecté, fut sévèrement critiquée. Glazunov, ivre ce soir-là, amena Rachmaninov à déclarer qu’il ne comprenait pas comment quelqu’un d’aussi talentueux pouvait diriger aussi mal. Malheureusement pour Rachmaninov, vint s’ajouter à cela la rivalité entre Moscou et St. Petersbourg: le public de St. Petersbourg fut exalté de voir l’échec d’un compositeur de Moscou. Cesar

Cui, compositeur et critique musical célèbre à l’époque, compara froidement la symphonie aux « Plaies d’Egypte » en faisait une analogie à l’Enfer.

Après de telles critiques, Rachmaninov ressentant le poids d’un rejet généralisé, se mit à douter de ses compétences de musicien et petit à petit, sombra dans la dépression et l’alcool. Ses mains se mirent à trembler et il semblait également avoir perdu toute inspiration pour composer.

conservatoire de Moscou
III. Concerto no.2

Ce n’est que trois ans plus tard, en 1900, que Rachmaninov connut un autre grand tourant dans sa vie lorsqu’il fit la rencontre du Doctor Dahl, psychothérpeute. Grâce à des séances sous hypnose, il réussit à convaincre Rachmaninov qu’il était bel et bien un grand compositeur et qu’il finirait par composer l’immense concerto pour piano qu’il avait promis au public de Londres quelques années auparavant.

Après pratiquement 6 mois de  

séances régulières, Rachmninov avait retrouvé toute sa confiance en lui et il était à nouveau fort et puissant mentalement, deux adjectifs également caractéristiques de sa musique. Il était alors enfin apte à composer un des plus grands chef d’oeuvre de sa vie: son Concerto pour Piano no.2 en Do mineur.

Etrangement, il composa le deuxième et le troisième mouvement du concerto rapidement mais lutta longtemps pour terminer le premier.

Ce fut au point que lorsqu’il présenta son oeuvre pour la première fois (fin 1900), il ne joua que les deux derniers mouvements. Il appréhendait la réaction du public qui finalement, rassura grandement et définitivement Rachmaninov quant à son talent de compositeur et de musicien. La première représentation du concerto dans sa forme achevée eut lieu en 1901 et fut un immense succès international quasiment instantanément.

IV. Analyse

Certains voient dans ce concerto, un symbole russe avec les premiers accords plaqués, majestueux et grandissants avec une basse puissante en écho rappelant le son des cloches russes. D’autres voient dans cette oeuvre une analogie à cette période difficile de la vie de Rachmaninov:

Un premier mouvement intense avec un thème rempli de tension et de désespoir joué par les cordes sur les arpèges tumultueux du piano faisant une « pâte sonore » presque informe, représentifs de son état émotionnel de ces trois dernières années.

Le deuxième mouvement est lumineux, doux, comme une libération

après tant de tristesse. Le calme et une joie absolue achèvent ce deuxième mouvement (19’49) grâce à des arpèges et des accords tendres et clairs en total opposition avec ceux du premier mouvement. Il est d’une beauté qui touche le coeur du monde entier encore de nos jours, repris dans des films et dans des chansons modernes.

Le troisième mouvement lui, est noté « scherzando » (capricieux) ce qui fait qu’il dégage, en plus de la joie, une réelle bonne humeur. Bien plus qu’un simple bien-être, ce mouvement montre que Rachmaninov avait définitivement tiré un trait sur ce passé difficile et était pleinement ouvert à un avenir heureux.

Sergei au piano
Conclusion et Interprétations

Après cet épisode, Rachmaninov ne retomba jamais dans la dépression malgré les épreuves qu’il affronta par la suite. Il composa un total de quatre concertos qui sont et seront pour toujours des monuments et des références dans le domaine. Son troisième concerto fut particulièrement bien reçu et est réputé comme étant une des oeuvres les plus complexes techniquement et musicalement qui existent pour les pianistes et une des plus belles.

Ces concertos ont bercé ma jeunesse et furent un élément révélateur dans le choix de carrière de nombreuses personnes, y compris la mienne !

Inutile de dire qu’un tel chef d’oeuvre a inspiré énormément de musiciens. C’est pourquoi il y a eu au cours du temps un nombre incalculable d’interprétations différentes, à commencer par celle de Rachmaninov en personne que l’on a la chance de pouvoir encore écouter.
Voici donc quelques unes de mes préférées:

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Sergei Rachmaninov (1873 - 1943)
S. Rachmaninov, piano
L. Stokowsky, direction
Philadelphia Orchestra

I. Moderato
II. Adagio sostenuto
III. Allegro scherzando

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Sergei Rachmaninov (1873 - 1943)
S. Richter (piano), K. Sanderling (direction)
Leningrad Philharmonic Orchestra

I. Moderato
II. Adagio sostenuto
III. Allegro scherzando

3933 vue(s)
 

 

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Sergei Rachmaninov (1873 - 1943)
S. Richter (piano), F. Riener (direction)
Chicago Symphony Orchestra

I. Moderato
II. Adagio sostenuto
III. Allegro scherzando

3798 vue(s)
 

 

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